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Soins et prise en charge adaptée

Le g8 : test de dépistage de la fragilité et plus encore…

La prise en soins spécifiques guidée par les éléments de fragilité des patients âgés atteints de cancer a démontré, dans 4 essais contrôlés récents, son impact positif sur la qualité de vie et la tolérance des traitements oncologiques sans perte d’efficacité de ceux-ci (Qian et coll, Mohile et coll, Soo et coll, Li et coll). L’impact sur la survie fait actuellement l’objet d’un essai multicentrique spécifique en France (essai PREPARE).

Dépister la fragilité est donc un impératif majeur en oncogériatrie pour que l’évaluation gériatrique personnalisée (EGP) et les propositions des gériatres guidées par l’EGP puissent être mises en œuvre parallèlement à la prise en soins oncologique. 

Le test G8 est un questionnaire de dépistage de la fragilité simple, en 8 points, qui a été validé en France en population (Soubeyran et coll). Un score inférieur ou égal à 14 évoque une fragilité qui peut conduire à une EGP. De réalisation facile, il est disponible en version papier ou informatique dans le DCC et sa pratique systématique en oncologie pour tout patient de 75 ans et plus atteint de cancer est recommandée par l’INCa et la SoFOG.

Au-delà de sa capacité à dépister la fragilité le test G8 a montré d’autre part sa valeur pronostique en termes de survie et  de risque de complications des traitements comme l’ont montré de nombreuses publications rapportées dans l’analyse de la littérature publiée en 2019 (Vanwalree et coll). Plus récemment on peut également citer à titre d’exemples le risque de déclin fonctionnel rapide (Chakiba et coll), le déclin fonctionnel et la diminution de survie chez des patients en chimiothérapie palliative pour tumeurs digestives (Jespersen et coll), la survie dans le cancer du poumon (Agemi),  la survie et le risque de complications dans les tumeurs ORL (Ishii et coll, Pottel et coll),  la toxicité de la chimiothérapie dans les lymphomes (Oiwa et coll), le risque de réhospitalisations et de décès des patients sous immunothérapie (Gomes et coll) ou encore le risque de complications post-opératoires dans le cancer colorectal (Bessems et coll). 

En résumé l’utilisation systématique du G8 chez tout patient âgé atteint de cancer permet non seulement de dépister les patients fragiles relevant d’une prise en charge conjointe oncologique et gériatrique avec ses conséquences d’amélioration de qualité de vie et de tolérance des traitements  mais aussi de prédire la survie et les risques de toxicité des traitements et de complications post-opératoires qui peuvent modifier la mise en œuvre de ces traitements (Beukers et coll, Scheepers et coll). Le G8 apparait donc désormais comme le marqueur incontournable d’une prise en charge de qualité des patients âgés atteints de cancer. 

 

E Dorval, V Dardaine, C Sauger et E Marie. Antenne d’OncoGériatrie du Centre Val de Loire.

 

Documents à télécharger

Grille G8

Parcours des patients âgés atteints de cancer et place de l’oncogériatrie

 

Évaluation gériatrique personnalisée (EGP)

La consultation avec le gériatre, souvent nommée consultation oncogériatrique, consiste à réaliser une évaluation gérontologique globale du patient ou évaluation gériatrique personnalisée (EGP).

 

Cette EGP, qui fait appel à des outils validés (échelles, questionnaires, scores…), permet de décrire le patient âgé sous toutes ses dimensions : médicale, fonctionnelle, psychologique et sociale.

Elle permet ainsi d’identifier les fragilités éventuelles et de déterminer le profil de vieillissement du patient.

A l’issue de cette évaluation globale, des propositions et/ou recommandations préventives et/ou curatives sont données sous forme d’un plan de soins personnalisé qui est adressé au médecin référent et au médecin traitant.

Le suivi des patients après l’EGP initiale

Les fragilités des patients âgés peuvent nécessiter un accompagnement particulier après l’EGP initiale. En fonction des besoins, un suivi peut être proposé pour ré-évaluer l’état de santé global du patient, évaluer le suivi des recommandations initiales (éventuellement les adapter) ainsi que la tolérance au traitement en cours afin d’éviter des complications ou d’éventuelles hospitalisations non programmées.
Ce suivi est proposé par l’équipe de gériatrie (gériatre et/ou infirmière). Il peut être réalisé selon différentes modalités (appel téléphonique ou consultation), dans un délai et à une fréquence déterminée selon l’état de santé du patient.

TRAITEMENTS CIBLÉS ET BIOMARQUEURS TUMORAUX

 

Les gériatres du réseau d’oncogériatrie ont manifesté leur intérêt d’avoir à disposition un lexique des traitements ciblés en fonction des biomarqueurs tumoraux.

L’objectif est d’adapter les recommandations gériatriques aux fragilités des patients en tenant compte des effets secondaires possibles liés à ces nouveaux anticancéreux.

 

 

Cet outil, réalisé par l’OMéDIT Centre-Val de Loire en 2016, a été actualisé en juin 2021 et sera mis à jour annuellement.

 

 

 

 

 

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Dernière mise à jour : 9 juillet 2021